L'attaquant international malien du FC Porto Moussa Marega (18 selections, 2 buts), 28 ans, qui a pourtant inscrit le but de la victoire de son équipe sur un assist de Chancel Mbemba (ex-Anderlecht) à la 61e minute, a vécu un cauchemar dimanche soir sur la pelouse de Guimaraes, un de ses anciens clubs, lors de la 21e journée du championnat du Portugal.
Au point qu'excédé par des cris de singes, il a choisi de quitter la pelouse à un gros quart d'heure de la fin, et de retourner au vestiaire, laissant la place à Wilson Manafa.
Il disputait son 130e match sous les couleurs de Porto (53 buts, 26 assists).
Ses coéquipiers, son entraîneur Sergio Conceiçao (ex-Standard, soulier d'or belge en 2005) et même des joueurs de Guimaraes ont pourtant essayé avec force de convaincre le joueur de rester, mais en vain.
"Je voudrais juste dire à ces imbéciles qui viennent au stade faire des cris racistes… Allez vous faire foutre", a écrit Moussa Marega sur sa page Instagram. " Et je remercie également les arbitres de ne pas m’avoir défendu et mis un carton jaune parce que je défends ma couleur de peau. Vous êtes une honte !"
"Respect pour Marega. Respect pour le football. Respect pour tous", a de son côté tweeté l'ancien gardien de Porto et ex-coéquipier de Marega, Iker Casillas, candidat à la présidence de la fédération espagnole de football (RFEF).
"Je suis Moussa Marega ! Non au racisme", a par ailleurs écrit dans un tweet le joueur du Standard Samuel Bastien. "Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit..."
"Les joueurs de Porto auraient pu et même dû mieux le protéger", a enfin déclaré le Ballon d'Or 1987 néerlandais Ruud Gullitt lors de la remise des Laureus Awards à Berlin.