"Pour les joueurs", estime Philippe Albert (Eleven), en marge de sa préface pour Sud Presse de la saison qui débute ce samedi, "l'absence de public sera bien plus perturbatrice au niveau des repères que toutes les mesures sanitaires imposées aux équipes, à leurs staffs et aux joueurs..."
"Mais le huis clos aura au moins un effet bénéfique : l’arbitrage y gagnera en sérénité. Les micros d’ambiance captent en effet le moindre mot prononcé sur la pelouse et les joueurs n’auront plus d’impunité en s’adressant à l’arbitre comme lorsque le brouhaha des tribunes couvre leurs réflexions, si pas leurs insultes".
"L’absence de public ôtera donc un sacré poids sur les épaules du corps arbitral dans son ensemble. Je pense en effet aussi aux juges de ligne qui lèvent leur drapeau juste devant les premières rangées de spectateurs dans certains stades, et en entendent des vertes et des pas mures pendant qu’ils sont amenés à prendre une décision au centimètre près ou au dixième de seconde. Le VAR (l'assistance vidéo, ndlr) est à la fois leur meilleur allié du point de vue de la possibilité de corriger le tir, mais aussi leur pire ennemi en ce qui concerne le lynchage public. Surtout à une époque où chacun dans un stade peut revoir les ralentis en direct. Tout cela, l’un dans l’autre, va apaiser les directeurs de jeu et leurs assistants".
"Voilà au moins une bonne chose dans le malheur qui frappe les clubs de devoir refuser leurs supporters au moins jusqu’en septembre. Si pas plus longtemps...", conclut Philippe Albert, qui commentera le match d'ouverture de la Jupiler Pro League (D1A) Club Bruges - Sporting de Charleroi avec Benjamin Deceuninck sur Eleven Pro League 1, ce samedi après-midi (16h30) au Jan Breydel Stadion.